Université d’Orléans : l’urgence est à la clarté et au soutien des étudiant·es et des personnels

Communiqué aux personnels des listes « Nous sommes l’université », « Transparence et indépendance » et de l’UNEF, 16 décembre 2020

L’université, ses étudiant·es et ses personnels sont dans une situation d’urgence. Les valeurs et les propositions concrètes portées pendant la campagne par les listes «Nous sommes l’université – Transparence et indépendance» sont une partie de la réponse. Aussi, pour porter ce discours, nous maintenons la candidature de Karin Fischer à la présidence de l’université. Quelle qu’elle soit, l’équipe qui aura la responsabilité de l’université après vendredi devra se mettre à la hauteur de la gravité de la situation des étudiant·es et personnels. Cela passe par un changement en profondeur des pratiques et des mesures d’urgence dont nous donnons un aperçu ci-dessous.

Le Conseil d’administration de l’université a été renouvelé par les élections universitaires des représentant·es des personnels et des étudiant·es de cet automne, puis complété de membres extérieurs. Celui-ci doit désormais élire une présidente ou un président pour l’université, et une personne pour la vice-présidence du conseil d’administration. Le 4 décembre et le 11 décembre, les deux premiers scrutins ont laissé la présidence de l’université vacante. Au contraire, le nombre de candidatures est passé de 3 à 5, une nouvelle candidature enremplaçant une autre  pour le prochain scrutin prévu le 18 décembre.

Un processus électoral qui se prolonge

Une large majorité de collègues a rejeté la présidence sortante lors des élections universitaires du 6 octobre dernier. Les listes « Ambition partagée » portées par Ary Bruand n’ont recueilli que 45% des voix des professeur·es, 36% des voix des maître·sses de conférences et assimilé·es, 25% des voix des personnels BIATOSS pour le conseil d’administration. Mais ces résultats se traduisent pour cette liste par 10 sièges d’élus des personnels sur 22, augmentés des voix de certains membres extérieurs directement choisis par l’équipe sortante. Les représentations au CA ne reflètent donc pas les votes à l’échelle de l’université : la prime majoritaire, qui attribue d’emblée 2 sièges supplémentaires à la liste arrivée en premier, amène aujourd’hui l’université à un blocage institutionnel. Ce blocage pourrait conduire à la nomination d’une administration provisoire par la rectrice au 1er janvier. Rappelons que nous avons dénoncé cette présidentialisation, fruit de la LRU, avec constance depuis 2008. Depuis, nos alertes sur les problèmes institutionnels de l’université sont systématiquement balayées ; nous regrettons qu’elles trouvent aujourd’hui leur confirmation au détriment de la communauté universitaire.

Dépasser une gouvernance descendante en échec

L’université a besoin de la part de ses administrateurs et administratrices d’un travail collectif à la hauteur de l’urgence de la situation. Nous n’avons jamais cru aux figures de César ni de tribun, mais à la valeur de la délibération, qui seule peut faire émerger l’intelligence collective. Il faut pour cela que les formes de la démocratie soient respectées et que la confiance entre l’équipe dirigeante et la communauté universitaire soit rétablie et réciproque. Nous souhaitons donc réhabiliter les organes collégiaux représentatifs, organiser le débat fondé sur l’examen d’informations fiables et partagées, leur rendre leur pouvoir de décision et donner le temps de la délibération collective. A cette condition seulement, l’université peut retrouver un fonctionnement apaisé, stabilisé et respectueux de tou·te·s nécessaire pour mener à bien nos missions de service public.Élire quelqu’un qui n’a pas fait campagne, qui n’a pas pris le risque de la contradiction, qui n’a pas su rassembler, ou quelqu’un qui se pose en sauveur, cela entretient l’idée qu’une gestion solitaire, verticale et technocratique est efficace et souhaitable. Pourtant, l’insuffisance de la réaction du ministère et de l’université face aux dégâts de la pandémie nous fait mesurer aujourd’hui à quel point cette conception est un échec.

Des mesures à prendre d’urgence

La situation d’urgence de l’établissement, et singulièrement des étudiant·e·s, nécessite certaines mesures concertées immédiates. Quelle que soit la forme que prendra la « gouvernance » de l’université, les mesures suivantes s’imposent :

  • un soutien plus important et mieux organisé aux étudiant.e·s en situation de précarité ou d’isolement ;
  • un renforcement de la médecine de prévention à la fois pour répondre à l’urgence et pour être de façon pérenne à la hauteur des besoins de l’université ;
  • le dépôt de recours auprès des autorités et juridictions compétentes pour obtenir un droit de chaque étudiant·e à des enseignements réguliers en présentiel ;
  • une préparation du retour dans les locaux avec les étudiant·e·s et  les équipes techniques, administratives et pédagogiques en donnant le temps de la réflexion collective.

Nous porterons cette voix collective en maintenant la candidature de Karin Fischer lors du prochain Conseil d’administration vendredi 18 décembre. Jusque-là, nous poursuivons notre démarche de discussion avec tous les acteurs du conseil d’administration pour faire avancer l’université au-delà des considérations de personnes.

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